Désencombrer sa Vie et son Esprit - Tout un Art!
“Ci-gît le corps de Caroline, ensevelie sous le poids de ses partitions, manuscrits, costumes et accessoires de scène”
Ceci aurait pu être mon épitaphe, fut un temps…
Avez-vous beaucoup d’affaires dans vos placards? Croulez-vous sous les costumes de scène, les robes de soirée, le maquillage, les accessoires en tout genre?
Beaucoup d’entre vous me diront qu’en tant qu’interprète, c’est indispensable d’avoir du choix dans sa garde robe. C’est ce que j’ai pensé pendant des années, et puis je me suis rendue compte que je n’utilisais pas le quart des choses que je possédais.
D’une part parce que les costumes, sauf en de rares exceptions, étaient fournis par les productions pour lesquelles je travaillais, et d’autre part parce que, honnêtement, qui a besoin de trois mascaras et quatre rouges à lèvres pour maquiller deux yeux et une bouche lorsqu’il n’y a pas de maquilleuse à disposition?
J’ai donc progressivement diminué tout mon “stock”... Et ça m’a fait un bien fou. Tellement de bien que je me suis mise à faire le même tri drastique dans tous les objets de mon quotidien. Et ce travail sur moi-même s’est avéré bien plus profond et transformationnel qu’il n’y paraissait...
Voici certains avantages non négligeables que j’y ai trouvé:
Je perds moins de temps en rangement. Avoir peu de choses fait que c’est facile de tout remettre à sa place.
Je ne suis plus distraite par mon environnement. Dans mon bureau il y a… Une table et un fauteuil, c’est tout. Et dans la pièce où je travaille ma voix, un piano, un siège et des plantes vertes. Cet environnement dépouillé fait que j’arrive à me concentrer plus longtemps, et que je fatigue moins vite.
Je suis plus sereine: je sais que je ne passerai pas trois heures à chercher quelque chose parce que mes possessions sont tellement réduites qu’il n’y a pas cinquante endroits où chercher! J’ai l’équivalent d’une bibliothèque de documents, livres ou partitions, et un demi-placard de vêtements. Difficile d’y perdre quelque chose!
Je consomme de manière responsable: je n’achète plus d’objets décoratifs car je sais que je finirai par le regretter. Les goûts changent et les miens vont de toutes façons vers un environnement épuré. Lorsque j’hésite à acheter un meuble de rangement, je me demande d’abord ce dont je pourrais me débarrasser pour éviter de m’encombrer d’un meuble supplémentaire.
Je n’ai plus que des vêtements que j’aime. Je n’achète quasiment plus de vêtements, ce qui me permet d’investir dans un vêtement de belle qualité de temps en temps, qui me fait vraiment plaisir, plutôt que dans dix vêtements de qualité moindre qui ne me plaisent pas vraiment. Aujourd’hui j’aime toutes les tenues que je possède, et je me sens bien dans toutes. Je ne perds pas de temps à me vêtir le matin.
Je préfère offrir aux gens que j’aime des expériences plutôt que des objets: je sais qu’ils s’en souviendront bien plus longtemps. Et puisqu’ils me connaissent, ils savent qu’il en sera de même pour moi.
Mon impact environnemental est donc réduit, et continue de se réduire à mesure que je progresse sur ce chemin.
J’ai développé mon intelligence émotionnelle. Je me suis rendu compte que, lorsque j’ai pu avoir des envies d’achat compulsif, c’était uniquement parce que je n’arrivais pas à gérer mes émotions. J’ai donc appris à mieux gérer mes émotions, une compétence qui me sert dans toutes les situations et circonstances de la vie.
Je transmets de belles valeurs à mes enfants. J’initie mes enfants à ce mode de vie, en leur faisant prendre conscience de la différence entre envies et besoin réel, en leur permettant de devenir des consommateurs plus responsables et plus respectueux de l’environnement. En leur apprenant l’économie circulaire, et la valeur d’une expérience vécue par rapport à une possession matérielle.
Mes produits de soin sont réduits au strict minimum, ce qui me permet également de choisir des produits de qualité, meilleurs à la fois pour ma peau et pour la planète. Je réduis au maximum les emballages, en optant pour des produits de soin solides, qui prennent nettement moins de place dans ma valise quand je pars pour des spectacles, des interventions ou des signatures dans des salons du livre.
Je voyage donc léger! Je deviens minimaliste jusque dans ma valise, et c’est mon dos qui me dit merci. Vous qui êtes fréquemment en tournée ou en auditions un peu partout, vous savez de quoi je parle!
Je désencombre également au niveau digital: je ne me perds plus dans les méandres des groupes et autres applications chronophages, et mon ordinateur devient lui aussi progressivement plus ordonné, moins encombré... Même si c’est l’un des domaines où j’ai encore beaucoup de travail!
Alicia Alonso dans sa loge… (New York Public Library)
Il y a tant d’autres bonnes raisons de se tourner vers le désencombrement, en particulier lorsqu’on est artiste et que notre art ne connaît pas de frontières.
Mais je pense que ce que j’en retire essentiellement c’est l’ordre qui règne au niveau de mon mental. À mon sens, c’est l’aspect le plus réjouissant de mon chemin vers le désencombrement.
Faire le tri dans mes relations, choisir les relations de travail et les amitiés qui m’élèvent, me font évoluer dans le sens où j’ai envie d’aller, en fonction des valeurs qui sont les plus importantes pour moi… Et choisir comment j’ai envie de les nourrir, d’en prendre soin.
Faire le tri dans mes croyances, choisir de les conserver ou pas. Bien réfléchir avant d’adopter une nouvelle pensée: ne plus accepter chaque pensée par défaut, mais prendre conscience de ce qu’elle me provoque comme émotion et décider en pleine conscience si je souhaite la conserver ou pas.
Pour moi, cet aspect là du désencombrement est le plus essentiel.
Anna Pavlova entourée de ses chaussons de danse, théâtre des Champs Élysées, 1927
Si ce travail en profondeur sur vous-même vous intéresse, voici quelques conseils pour vous lancer:
Allez à VOTRE rythme. Vous connaîtrez des périodes de frénésie où vous aurez envie de tout bazarder (de façon responsable s’entend…) et d’autres périodes où il vous faudra aller un tiroir à la fois. Écoutez-vous, il n’y a pas de recette: c’est un processus autant interne qu’externe, et chacun le vit différemment!
Prenez grand soin d’être en contact avec vos émotions lors de ce processus: observez les pensées et les croyances qui provoquent ces émotions et demandez-vous si vous voulez les conserver ou pas. Considérez le tri matériel comme la partie émergée de l’iceberg: le vrai tri en profondeur se fait au niveau mental et émotionnel. Si vous ne faites pas ce tri dans la partie immergée de l’iceberg, vous risquez de vous précipiter dans les magasins pour re-remplir vos placards, ce qui serait vraiment contre-productif!
Evidemment, n’imposez pas ce processus aux personnes qui partagent votre toit. C’est VOTRE chemin, pas le leur. Vous voir en tirer tant de sérénité et d’indépendance émotionnelle sera de toutes façons probablement suffisant pour qu’ils s’y mettent à LEUR rythme… Ou pas!
Et un petit bonus pour les artistes, avec quelques idées de désencombrement: les cadeaux de première, le maquillage périmé, les costumes de scène qui prennent la poussière, les chaussures ou chaussons de danse usées, les vieux tubes de peintures, les pinceaux secs, les textes qu’on ne finira jamais d’écrire, les postiches emmêlés, les bijoux en toc cassés, les critiques de journaux, les partitions, les photocopies de partitions, les méthodes de solfège, les livres de musicologie, les textes de théâtre des années d’études… Sentez-vous libres d’ajouter ce que vous voulez à cette liste!
Enfin, ce tri matériel dans votre environnement externe pour faire un véritable tri intérieur commence par… Une révolution interne! C’est parce que vous êtes déjà dans ce travail en profondeur sur vous-même que vous déciderez de passer à l’action. Car toute action découle d’un sentiment, et tout sentiment provient d’une pensée…
Alors, quelle est la pensée qui vous donne envie de sauter le pas? Prenez-en conscience, voyez si cette pensée vous provoque un sentiment suffisamment exaltant, et lancez-vous!
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