Le Manuel de l’Artiste Idéal.e

Aujourd’hui je voudrais vous parler d’un concept de coaching qui a changé la vie de beaucoup de mes client.e.s, dans leurs rapports avec les autres, et dans leur rapport à elle.eux-mêmes, en particulier en tant qu’artiste. Ce concept se nomme le manuel.

Nous avons tous et toutes un manuel contenant des clauses, concernant autrui ou nous-mêmes. Nous reconnaissons ce manuel dès lors que nous pensons “telle personne devrait, ou je devrais ou aurais dû…” quelque chose.

Les manuels que nous avons pour autrui

Voici quelques exemples glanés auprès de mes client.e.s:

  • “Mon conjoint devrait comprendre que je n’ai pas envie d’aller dîner dehors quand je rentre de tournée.”

  • Ou “Ma femme devrait m’embrasser en premier avant nos enfants quand elle rentre à la maison”

  • Ou encore “Ma mère ne devrait pas me demander si j’ai été à mon cours de chant cette semaine”

Nous pouvons bien sûr avoir des attentes concernant autrui, là où ça pose problème c’est que, généralement, nous conditionnons notre bien-être émotionnel à la réalisation de ces attentes par autrui.

Si les personnes pour lesquelles nous avons un manuel n’en suivent pas les clauses, nous nous sentons mal, nous sommes tristes, déçu.e.s, inquièt.e.s, en colère etc.

Nous ressentons de la pression si notre mère nous demande si nous avons été à notre cours de chant. Nous ressentons de la tristesse si notre partenaire embrasse nos enfants avant de nous embrasser à son retour. Ou encore, nous nous sentons incompris lorsque notre conjoint veut nous emmener dîner dehors alors que nous rentrons fatigué.e de tournée.

Nous faisons donc dépendre notre bien-être émotionnel de personnes ou d’évènements extérieurs à nous, sur lesquels nous n’avons aucun contrôle.

Sans compter que, la plupart du temps, nous ne partageons pas notre manuel avec les personnes concernées! Car au fond nous savons bien qu’elles sont libres d’agir comme bon leur semble.

Nous pouvons bien sûr avoir des attentes concernant les personnes qui nous entourent, et c’est même inévitable dans certaines situations, par exemple lorsque nous sommes parents ou employeurs, mais dans ce cas, il est important de les leur communiquer en posant des limites claires (je prévois d’ailleurs un article sur l’art de poser des limites), et de comprendre qu’elles peuvent ne pas les accepter. Donc à nous de ne pas conditionner notre bien-être émotionnel à la réalisation de nos attentes par l’autre.

Les manuels que les autres ont pour vous

Bien évidemment, si vous avez des manuels pour les personnes qui vous entourent, ces personnes en ont également vous concernant!

Par exemple, votre conjoint.e peut souhaiter que vous pensiez à l’appeler pour lui dire que vous êtes bien arrivé.e à New York pour votre audition, et vous pouvez accepter d’agréer à sa requête pour éviter qu’il ou elle ne nourrisse des pensées sinistres susceptibles de l’inquiéter. 

Vous êtes donc, de votre côté également, libre d’accepter ou de refuser les clauses du manuel d’autrui vous concernant, à votre convenance.

Tomber dans l’extrême où vous accepteriez toutes les clauses des manuels d’autrui vous concernant, c’est risquer d'être ce qu’on appelle en anglais un.e “people pleaser”, c’est à dire oublier ses propres envies et besoins pour faire plaisir aux autres, dans l’espoir d’être aimé.e, apprécié.e, de leur plaire. Tomber dans l’extrême inverse n’est pas non plus recommandé lorsqu’on vit en société… 

Pour résumer, libre à vous, une fois que vous êtes conscient.e.s du manuel que les personnes qui vous entourent ont à votre sujet, d’en accepter certaines clauses qui vous conviennent, et de refuser celles qui ne vous conviennent pas.

Charlie Chaplin - Le dictateur

Ce faisant, vous construirez des relations saines avec vos proches, vos amis, vos employeurs, vos collègues etc. Vous construirez des relations non plus fondées par exemple sur la peur de ne pas être apprécié.e tel.le que vous êtes, en nourrissant la rancoeur de devoir vous plier à des clauses qui ne vous conviennent pas, mais fondées sur la confiance que vous êtes digne d’être apprécié.e de façon inconditionnelle, et sur le respect de la liberté qu’ont les autres de suivre ou non les clauses de vos manuels, sans conditionner votre amour ou votre appréciation de ces personnes au suivi de ces clauses.

Et maintenant qu’en est-il du manuel que vous avez envers vous-même, et en particulier envers votre “vous artistique”?

Le manuel que vous avez pour vous-même en tant qu’artiste

Oui: nous avons aussi un manuel d’utilisation à notre propre sujet. On le reconnaît lorsqu’on pense : “je devrais…” par exemple: “je devrais en être à un autre stade de ma carrière” ou “je devrais avoir plus de contrats” ou “je devrais faire plus et mieux etc”.

Demandez-vous comment vous vous sentez lorsque vous nourrissez ces pensées. Je parie que ce n’est pas exactement l’envol vers la gloire…

Vous éprouvez probablement un sentiment de déception, de pression, voire de frustration ou de honte envers vous-même. Le souci c’est que nos sentiments sont le carburant de nos actions, et quand c’est la honte, la pression ou la déception, le carburant n’est pas exactement optimal et les actions qui en découlent ne sont pas les meilleures que vous puissiez entreprendre pour parvenir à la réalisation de vos objectifs.

Nous avons bien évidemment le droit d’avoir des attentes envers nous-mêmes, et que ces attentes soient ambitieuses. Nous avons le droit de nourrir des projets issus de nos rêves les plus fous, et c’est même recommandé pour pouvoir évoluer.

Là où cela pose problème, c’est toujours lorsque nous conditionnons notre bien-être émotionnel à la satisfaction de ces attentes.

Beaucoup de mes clientes ont par exemple un manuel de la parfaite chanteuse lyrique, qui ressemble à ceci:

  • Je dois gagner des premiers prix à des concours

  • Je dois obtenir tant de contrats sur des rôles de premier plan

  • Il faut que j’intègre tel opéra studio

  • Il faudrait que j’aille courir tous les matins

  • Il est impératif que je travaille ma voix tant d’heures par semaine

  • Je dois faire tant d’heures de yoga

  • Je devrais travailler dans telle compagnie, ou avec tel.le chef.fe etc.

Le problème vient lorsque l’attente n’est pas remplie et que les sentiments nourris sont négatifs: lorsque le premier prix n’est pas remporté, lorsque l’audition n’a pas abouti sur un contrat ou lorsque les séances de yoga n’ont pas la régularité escomptée, et que les sentiments nourris sont la déception, la honte ou la tristesse.

Rebondir alors qu’on nourrit ce type de sentiments devient mission impossible, et passer de nouveaux concours et auditions, ou se remotiver pour reprendre ses cours de yoga avec régularité devient de plus en plus difficile.

Comment se sortir de ce(s) manuel(s)?

Première étape: Bien discerner faits et interprétation des faits

La première étape pour éviter de nourrir ce cercle vicieux, c’est de réaliser que les sentiments éprouvés ne sont pas directement liés aux circonstances que nous vivons.

Ici par exemple, la circonstance serait que nous avons été en demie-finale de tel concours de chant. Le sentiment de déception ne vient pas du fait que nous avons été en demie-finale de ce concours, mais de la pensée que nous aurions dû obtenir le premier prix. Et cette pensée est optionnelle: nous avons le choix de penser ce que nous voulons de cette circonstance. 

Quelqu’un d’autre que nous pourrait par exemple penser qu’être allé en demie-finale de ce concours est déjà une sacrée victoire, et en éprouver de la fierté.

Entraînez-vous à bien discerner ce qui est de l’ordre des faits et de l’ordre des pensées que vous nourrissez à leur sujet dans votre quotidien, vous verrez, ça change la vie!

Deuxième étape: Prenez conscience de votre propre manuel (et de celui que vous avez pour autrui!)

La seconde étape pour éviter de nourrir ce cercle vicieux, c’est de prendre conscience de votre propre manuel de la parfaite chanteuse lyrique, ou du parfait écrivain, ou de la parfaite scénariste ou danseuse…

Écrivez ce manuel, vous verrez, c’est édifiant! Qu’est ce que cette artiste idéale devrait faire, avoir accompli, réalisé, ou devrait effectuer au quotidien chaque jour, à court, moyen ou long terme pour que vous éprouviez des sentiments de fierté, d’accomplissement, de reconnaissance, voire d’amour envers votre “vous artistique”?

Ensuite, demandez-vous: Est-ce que vous voulez en conserver toutes les clauses? Ou en laisser tomber certaines? Ou même la plupart d’entre elles, pourquoi pas! Cela ne vous empêchera pas d'œuvrer à la réalisation de vos objectifs, loin de là.

Troisième étape: Observez ce manuel avec du recul

Ensuite, observez ce manuel et prenez de la distance: ce n’est pas parce que vous avez des attentes envers vous-même que vous devez vous auto-flageller si vous ne les réalisez pas toutes, ou pas au moment où vous le souhaitiez etc. Vous pouvez tout à fait avoir des ambitions, l’idée étant de ne pas conditionner votre bien-être à la réalisation de ces ambitions. 

Exactement comme vous n’avez pas à vous écrouler émotionnellement si quelqu’un pour qui vous avez un manuel n’en suit pas les clauses, vous n’avez pas à vous effondrer si vous ne suivez pas les clauses de votre propre manuel. 

Vous n’avez pas à donner une signification négative au fait d’avoir obtenu un troisième prix à un concours, ou pas de prix du tout, plutôt qu’un premier prix!

Pour rappel: c’est l’interprétation que vous avez des faits qui entraîne votre état émotionnel, pas les faits en eux-mêmes: vous avez donc la possibilité d’en adopter une interprétation qui vous permettra de vous sentir bien, afin de pouvoir passer à l’action pour vos prochains objectifs en étant nourri.e par l’enthousiasme, la curiosité ou la détermination, plutôt que par le découragement, la honte ou la déception.

Alors, ces manuels de 475 pages avec toutes leurs clauses, on en fait quoi? Je ne sais pas pour vous, mais moi tout ce qui ressemble à un truc administratif, j’ai juste envie de le jeter au feu…


Je peux vous aider à prendre conscience de vos propres manuels, et à décider ce que vous souhaitez en faire, afin de vous permettre d’aborder votre vie personnelle et professionnelle dans plus de sérénité.

Si vous vous sentez déjà mieux à la lecture de cet article, imaginez ce qu’un suivi de coaching sur plusieurs semaines ou plusieurs mois peuvent avoir comme effet sur votre bien-être et sur votre vie…

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